La science s’offre une jeunesse

Sensibiliser aux enjeux de la recherche scientifique, faire naître des vocations, ou tout simplement désacraliser la science en montrant le coté accessible et amusant… Les raisons de s’adresser aux plus jeunes ne manquent pas, les initiatives non plus !

La fête de la science© M.LECOMPT/PSUD

« C’est la première fois que je viens à l’université et j’ai été étonné par les chercheurs ; je ne les imaginais pas comme ça » s’enthousiasme Quentin, en visite sur le campus  d’Orsay… et non ! Pas de professeur Tournesol à l’université, mais des femmes et des hommes qui ont fait de leur passion pour la science et la recherche, un métier. Qu’ils les invitent à découvrir leur quotidien dans les laboratoires ou à l’inverse qu’ils se déplacent dans les salles de classes, de nombreux enseignants-chercheurs de l’Université Paris-Sud participent à des initiatives qui visent tant à montrer le côté amusant et  accessible de la science, qu’à familiariser les jeunes avec le métier de chercheur et à encourager les vocations scientifiques.

La science se fête
En 1991, Hubert Curien, alors ministre de la Recherche et de l’Espace, décide d’ouvrir les jardins du ministère au public à l’occasion du 10e anniversaire de sa création. C’est un succès. L’événement devient alors national, la fête de la science (Baptisée Science en fête jusqu’en 1998) est née. A l’Université Paris-Sud, certains laboratoires décident d’ouvrir leurs portes. Les visiteurs sont au rendez-vous, chaque année plus nombreux et c’est bientôt tout le campus d’Orsay qui fête la science chaque automne. Une journée est spécialement réservée aux scolaires. Petites expériences sur le vide, autour de la chimie amusante, ateliers sur les nanosciences et nanotechnologies, visite des serres et, observation au microscope de fleurs et de pollen… les enseignants du primaire ou du secondaire qui souhaitent participer avec leur classe ont un choix très varié.

Susciter des vocations
Parmi les objectifs initiaux attribués à cette manifestation, figurait bien sûr l’idée de rapprocher le citoyen de la science et de ses acteurs mais pas seulement. Il s’agit également d’encourager les jeunes à s’engager dans les métiers de la recherche et de la
technologie. En effet, depuis quelques décennies, en France comme dans de nombreux autres pays européens, de plus en plus d’étudiants se détournent des filières scientifiques alors même que les besoins de notre société dans ce domaine sont importants. Ce constat partagé a incité la Faculté des sciences à lancer en 2002, une initiative originale : un concours ayant pour objectif d’encourager les enseignants du second degré à mettre en place une activité scientifique vivante en collaboration avec des enseignants-chercheurs. Baptisé « faites de la science », ce concours a remporté un tel succès qu’il a été repris par d’autres universités et qu’en 2005, il a prit une ampleur nationale. Ces deux opérations phares, ne doivent pas occulter toutes les nombreuses initiatives qui sont menées par ailleurs dans toute l’université. Qu’ils se déplacent dans les classes d’Île-de-France pour faire des conférences de vulgarisation scientifique ou des exposés accompagnés de petites « manips » ou à l’inverse qu’ils accueillent des scolaires dans les laboratoires ou les amphis (encadré), nombreux sont les enseignants-chercheurs de l’université qui donnent de leur temps et de leur énergie pour transmettre la flamme aux jeunes générations.

L’avenir c’est la MISS
Forte de ces expériences, l’université à travers la Faculté des sciences, a souhaité aller plus loin encore en s’inscrivant dans un projet de région Île-de-France, la Maison d’Initiation et de Sensibilisation aux Sciences (MISS). Ce dispositif novateur de culture scientifique et technique est un projet unique en son genre, qui a pour ambition d’éveiller le plus tôt possible chez les jeunes, l’intérêt pour des études et des carrières dans le domaine des sciences expérimentales, et de développer chez eux la capacité à comprendre les méthodologies et la démarche scientifiques. Sur des temps variés allant d’une demi journée à une semaine, la MISS proposera l’accueil et l’hébergement de scolaires dans le cadre de classes d’éveil aux sciences. Idéalement située sur le campus d’Orsay, c’est-à-dire dans un environnement de recherche, la MISS comprendra des laboratoires équipés comme de véritables laboratoires de recherche. La MISS, qui est l’un des trois axes du projet Diagonale de Saclay, ouvrira ses portes à la rentrée 2013.

Contact : Anais Vergnolle, Faculté des sciences d’Orsay, anais.vergnolle@u-psud.fr

Les Maths en Jeans
Faire de la recherche mathématique, voilà un moyen de découvrir les mathématiques autrement, de l’intérieur. «MATh.en.JEANS» c’est d’abord un slogan – des mathématiques
décontractées, pour le plaisir -, c’est aussi, acronyme aidant, une «Méthode d’Apprentissage des Théories mathématiques en Jumelant des Établissements pour une Approche Nouvelle du Savoir». L’idée fondatrice de MATh.en.JEANS est de profiter de la présence du chercheur pour encadrer des recherches dans les lycées, collèges, et parfois même dans les écoles. En liaison avec les enseignants, il va donc s’appuyer sur une démarche d’investigation pour initier des élèves à la recherche en mathématiques.
Si le choix des thèmes de travail permet aux élèves d’apprendre à modéliser en s’appuyant sur leurs connaissances antérieures, l’intuition et la curiosité sont aussi des composantes importantes de la recherche MATh.en.JEANS. Pour stimuler leur travail, des petites équipes sont constituées dans deux établissements, un même sujet étant traité par une équipe dans chaque établissement. Les élèves se réunissent dans leur établissement une à deux heures par semaine (l’enseignant assiste mais intervient le moins possible) ; ils se retrouvent en séminaire plusieurs fois dans l’année avec l’autre établissement et le chercheur. Pour donner vie à leurs recherches, les élèves présentent leurs travaux de l’année lors d’un congrès rassemblant toutes les équipes des établissements jumelés et tous les chercheurs. A l’issue de cette rencontre seront rédigés un article ou une contribution aux « actes » du congrès. En 2013, le congrès MATh.en.JEANS aura lieu sur le campus d’Orsay. Il sera coorganisé par l’association MATh.en.JEANS, la faculté des Sciences de l’Université Paris-Sud, le laboratoire de Mathématiques d’Orsay et l’Ecole polytechnique.

Contact : Mélanie Guenais, laboratoire de Mathématiques d’Orsay- melanie.guenais@maths.u-psud.fr